Souvenez-vous, le 11 septembre 2001. New York, les tours jumelles qui s’effondrent. Ou plutôt, souvenez-vous du lendemain, de la une des quotidiens. Partout les mêmes images : les avions juste avant l’impact, les tours en feu, le nuage de fumée qui envahit tout Manhattan, les désespérés qui se jettent dans le vide, les foules en panique.

Et aussi les reportages qui tournent en boucle sur CNN, Fox News, et les autres chaines de TV. Vous avez sans doute aussi, plus ou moins consciemment, constaté une certaine uniformité des images données à voir. Comme s’il n’y avait eu que deux ou trois photographes qui aient enregistré des images ce jour là. Ou que seule une poignée de clichés valaient d’être publiés.
Ce vague constat que nous avons sitôt oublié, Clément Chéroux, historien de la photographie et conservateur au centre Georges Pompidou, l’analyse en profondeur dans son essai « Diplopie » paru récemment aux éditions du Jour. Avec le soin d’un scientifique, il a répertorié, mesuré, compté les images des couvertures de journaux et magazines parus aux USA et dans le Monde entier les jours qui ont suivi le drame. Après analyse, il dégage les preuves d’un comportement collectif assez étrange : celui qui a consisté à réduire à quelques images le thesaurus visuel qui a été exploité jusqu’à l’excès pour illustrer les articles sur les attentats du 11 septembre. La démonstration est stupéfiante, pour ne pas dire effrayante.
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